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Patrimonialiser et embellir la ville pour faire revenir les commerces

  • Photo du rédacteur: Anaïs Daniau
    Anaïs Daniau
  • 12 juin 2020
  • 3 min de lecture

Dernière mise à jour : 22 juin 2020

Fijalkow, Ygal, Elsa Martin, et Cédric Calvignac. « Le retour des commerces en centre-ville comme stratégie d’aménagement local. Le cas d’Albi », Espaces et sociétés, vol. 168-169, no. 1, 2017, pp. 109-128.


Quels sont les effets des politiques d'embellissement et de patrimonialisation sur le commerce local ? C'est la question à laquelle ont tenté de répondre Ygal Fijalkow, Elsa Martin et Cédric Calvignac à partir du cas de la ville d'Albi.


Face à la hausse de la vacance commerciale, les villes interviennent sur l'aménagement urbain pour favoriser le retour des commerces en centre-ville.


A ce titre, la ville d'Albi a mené plusieurs actions d'envergure depuis les années 1970 pour améliorer l'attractivité de son centre-ville : valorisation du patrimoine, opération programmée d'amélioration de l'habitat, piétonnisation des principales artères du centre-ville, et surtout la candidature de la cité épiscopale à l'UNESCO déposée en 1996 qui ne sera obtenue qu'au prix d'aménagement coûteux 14 ans plus tard !


Source : UNESCO


Les auteurs ont cherché à établir un lien entre les mutations commerciales et les actions menées par la ville. Pour cela, ils ont mobilisé les données recueillies par la chambre de commerce locale et réalisé des entretiens avec les commerçants et les acteurs institutionnels locaux.


Les résultats sont les suivants :

  • L'action publique visant à améliorer l'attractivité d'Albi s'inscrit sur le long terme et suit une ligne cohérente : Albi comme ville embellie, patrimoniale et culturelle.

  • Les aménagements créent une nouvelle polarisation des commerces dans le centre-ville : ceux-ci se concentrent sur les principales artères commerçantes et sur les espaces rénovés bénéficiant d'une unité paysagère et propices à la déambulation des piétons (y compris dans des rues autrefois désertées par le commerce).

  • Après une période de crise nationale et économique (2006-2009), l'annonce de l'inscription de la Cité Épiscopale à l'UNESCO a relancé les ouvertures de commerces en 2010-2011.

  • De la même manière, les aménagements urbains favorisent l'ouverture de nouveaux commerces dans les années qui suivent leur réalisation.

  • Il existe néanmoins un fort taux de rotation commerciale car presque autant de commerces disparaissent. Bien que l'action municipale ait créé un climat de confiance auprès des investisseurs, les commerces peinent à se pérenniser dans le temps.

  • En termes d'offre commerciale, le centre de la ville d'Albi présente des similarités avec celui des grandes villes, notamment une orientation vers la mode et les commerces de bouche.

  • L'action publique semble avoir encouragé une montée en gamme des commerces indépendants : "Dans le domaine de l’alimentation, on constate ainsi que les boutiques traditionnelles (boulangerie, pâtisserie, boucherie, etc.) ont été remplacées par des épiceries fines, des traiteurs et des fromagers affineurs qui s’adressent à une clientèle aisée qui n’habite pas les lieux." Ces commerces haut-de-gamme se saisissent du patrimoine comme moyen de séduction des clients et de valoriser leur image de marque. En retour, ces commerces concourent à la politique publique de valorisation du centre-ville, par leur esthétique. Celle-ci est d'ailleurs contrôlée par la Ville par le biais de chartes de qualité urbaine.

  • On constate aussi l'essor d'une offre tournée vers une clientèle non-résidente (visiteurs, touristes...). Ce phénomène concerne principalement les axes situés à proximité des monuments les plus visités. Les circuits créés par l'Office de Tourisme ont aussi favorisé la spécialisation touristique de certaines rues où ils ne seraient pas allés spontanément.

  • La politique de patrimonialisation a créé une division de l'espace marchand entre d'un côté, les zones touristiques et de l'autre, les zones fréquentées par les riverains. Elle a aussi encouragé l'installation du commerce intégré sur l'axe circulatoire dominante au détriment des commerces indépendants qui se sont rétractés dans les rues adjacentes moins fréquentées.

Pour lire l'intégralité de l'article : Cairn


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